Tout porte à supposer que les ex-communistes ne se sentent à l’aise qu’entourés des symboles leur rappelant leur passé sanglant. Actuellement, les camarades qui se disent aujourd’hui socialistes, voire même sociaux-démocrates revendiquent que l’étoile rouge soit rayée de la liste qui interdit le port des enseignes totalitaires. La croix gammée y resterait quand même. Les deux enseignes figurent sur la liste comme des symboles de la haine et de la souffrance depuis la Seconde Guerre Mondiale et le changement de régime en 1990. Malgré la législation hongroise, l’étoile rouge se trouve toujours sur certains monuments comme par exemple sur le monument aux Morts érigé pour commémorer les héros de l’armée soviétique morts en Hongrie. De plus, elle y est accompagnée par la serpe et le marteau. En même temps, Staline qui était responsable de la mort et des souffrances de plusieurs millions de personnes au Goulag, reste toujours citoyen d’honneur de la capitale hongroise. Dans des villes où le maire est socialiste, il existe toujours des rues ou des places nommées d’après Lénine ou d’autres dirigeants communistes. Il n’y a pas longtemps, une fresque dans un des bâtiments du gouvernement qui représente János Kádár (qui vit dans la mémoire de beaucoup de monde comme le bourreau du peuple hongrois) en train de jouer jovialement aux échecs avec un travailleur et qui était voilée jusqu’à cette date, a été rendue de nouveau visible. Peu auparavant, le maire socialiste d’un des arrondissements de Budapest a annoncé que la mairie souhaitait d’ériger une statue en pied grandeur nature à cet homme qui avait étouffé la révolution hongroise de 1956.
Dans le même arrondissement, une statue de Lénine — déboulonnée il y a quinze ans — pourrait bientôt également regagner sa place. Selon l’opinion de la majorité des citoyens qui se sentent offensés, il ne s’agit pas simplement de la nostalgie. Bien plutôt, les communistes veulent retrouver les conditions dans lesquelles ils se trouvaient pendant près de quarante ans — malgré la volonté de la majorité. Les représentants conservateurs affirment que ni les ex- ni les néo-communistes ne se sentent à l’aise dans les cadres qu’offre le système démocratique. De manière hypocrite, le Parti Socialiste Hongrois (MSZP) soutient se genre d’initiative en rappelant les «acquis» et la popularité du régime communiste.
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