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Politique Intérieure
11 mars 2004
DunaNovaPress La gauche engage son « arme secrète »
DNPI - Budapest

Quand on accuse quelqu’un, c’est toujours blessant et de mauvaise foi, et – comme il s’avère à chaque fois – partial et faux. Cependant, c’est la dernière arme qui reste à la gauche hongroise qui bat en retraite. Les membres de l’actuel Parti Socialiste Hongrois sont pratiquement tous des «parachutistes rouges» déguisés en social-démocrate. La règle générale de la gauche : si tu n’es pas sûr de toi-même ou si la situation devient gênante pour toi, tu pourras toujours t’en sortir à l’aide d’une campagne de calomnie. Des personnes choisies au hasard sont, donc, soumises à des attaques de toute part lorsque les «brigades de propagande» de la gauche se mettent à l’œuvre. Aujourd’hui, c’est la doctrine de Göbbels qui vaut en Hongrie : si tu inventes un mensonge, invente un très gros mensonge ! Ainsi, on peut ruiner la réputation de n’importe qui, on peut le mettre au pilori – même s’il est innocent. De plus s’il s’avère que la personne calomniée est innocente, elle a beau faire appel à la justice. La lenteur de l’appareil judiciaire ainsi que les lois sur la diffamation donnant lieu à de multiples interprétations défendent des calomniateurs, tandis que les pauvres victimes peuvent courir après la satisfaction morale.

Le «molosse» du marché financier hongrois, c’est-à-dire l’Office de Surveillance des Instituts Financiers (PSZÁF) en fournit un très bon exemple. La coalition socialiste-libérale cherche à renvoyer le président de PSZÁF depuis plus de six mois parce qu’il a osé de trouver des documents qui prouveraient que certains membres du gouvernement sont impliqués dans le plus grand scandale financier de l’histoire de la Hongrie. Les fils de cette affaire où il s’agit du sort de plus de 2,5 milliards d’euros peuvent conduire jusqu’au Premier ministre, Péter Medgyessy, lui-même. Il n’est donc pas étonnant que les députés socialistes exigent d’un commun accord le licenciement du président de PSZÁF, M. Károly Szász. Celui-ci a été brutalement agressé en plein jour l’été dernier par des auteurs inconnus jusqu’à cette date.

Mais malgré la campagne de terreur émanant du gouvernement, M. Szász s’est obstiné et n’a pas démissionné – en espérant que ses collègues étrangers lui apporteront leur soutien moral. Malheureusement, ce n’est pas une nouveauté, dans cette partie du monde, qu’on attaque des institutions soi-disant indépendantes. Ses adversaires s’efforcent toujours à déposer de sa charge M. Szász qui y avait été nommé, par l’Assemblée, du temps de l’ex-Premier ministre, Viktor Orbán. On avait d’abord voulu faire croire que la raison de son tabassage était une histoire d’amour. La rumeur s’est largement répandue sans que la police ait trouvé les auteurs ou soit arrivée au moindre résultat dans le scandale de la banque K&H. Puis, c’est le gouvernement qui a pris de l’élan : il a pris l’initiative de réorganiser le PSZÁF de façon que son président puisse être facilement contourné. Cette démarche odieuse est, pour l’instant, en suspens grâce aux protestations étrangères.

Par la suite, le nouveau ministre des Finances, Tibor Draskovics a encore davantage aggravé son cas. Il a voulu humilier M. Szász en l’obligeant à verser une somme d’environ 500 millions de forints (2 millions d’euros) pour contribuer aux mesures d’économie du gouvernement. Le président de PSZÁF l’a refusé clairement en affirmant que les recettes de l’Office n’arrivant pas du budget, il ne veut pas être taxé par le gouvernement non plus. Les recettes de PSZÁF proviennent des banques et d’autres institutions soumises à son autorité – c’est pour cette raison que la demande du ministre des Finances était de mauvaise foi et embarrassante. La dernière tentative désespérée a été celle d’un député socialiste de seconde ligne, László Molnár qui a exigé la démission immédiate de M. Szász en disant que celui «n’aurait pas empêcher une nouvelle «magouille» financière, notamment celle de l’entreprise Baumag.

Cette entreprise escroc spécialisée en immeubles avait «avalé» l’argent des petits investisseurs (environ 170 millions d’euros) avant de faire faillite. Enfin ! Voilà la preuve de l’incurie de PSZÁF et de la responsabilité de M. Szász – tonnait le député ex-communiste. Mais comme très souvent, la vérité était de l’autre côté. Le bureau de M. Szász a fait savoir les faits dans un bref communiqué : 1) les coopératives immobilières comme Baumag ne relèvent pas de l’autorité de PSZÁF, 2) l’Office a déjà attiré l’attention du ministère des Finances sur le danger que représentait ce genre d’entreprise. Comme il s’est avéré par la suite, l’avertissement n’était pas sans aucun fondement. Ainsi, le résultat du match entre M. Szász et le gouvernement est actuellement: 5 à 0. Nous vous tiendrons au courant des nouveaux événements car il semble peu probable que le gouvernement arrête les tentatives de renvoyer le président de PSZÁF. Conclusion: «Le cyclone n’est qu’une petite brise par rapport à l’élan des communistes.»

"La demande de dommages-intérêts et le déficit liés aux achats et aux ventes d'immeubles et d'actions par Baumag qui sont en cours d'examen peuvent atteindre 2 milliards d'euros."

Vous trouverez d'autres informations relatives à l'article dans les parties I-XI de notre série d'articles intitulée "Brokergate" sur notre page française et "Money, Money, Money" sur nos pages allemande, anglaise et hongroise.

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