Le directeur de la Banque Nationale de Hongrie, M. Zsigmond Járai a refusé catégoriquement les allusions directes et indirectes concernant son éventuelle démission ou déposition. En même temps, il a confirmé qu’il assumerait sa fonction jusqu’à l’expiration de son mandat, c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’année 2007. Il a rappelé qu’il « ne souhaitait pas de démissionner » bien que la coalition socio-libérale le réclame de plus en plus souvent. M. Zsigmond Járai a expliqué sa décision en disant que s’il démissionnait « la situation ne ferait que s’aggraver. » Ces dernières semaines, les spéculateurs ont engagé une attaque sans précédent contre la devise nationale de la Hongrie, le forint (HUF).
Ils ont été motivés par le fait qu’ils avaient perdu leur confiance en le gouvernement élu il y a 18 mois — à cause de ses mauvaises décisions économiques et financières. La défense du forint a coûté environ 1 milliard d’euros à la Banque Nationale les deux dernières semaines. Les porteurs d’obligations ont encaissé leurs portefeuilles tandis que les spéculateurs vendaient du forint et rachetaient de l’euro ou du dollar par milliards. Le trésor public n’a pas réussi à vendre les nouveaux titres d’Etat à courte échéance grâce auxquels le gouvernement espérait remédier à ces problèmes de liquidité. On attend également cette semaine la réponse à la question de savoir si la hausse dramatique du taux directeur (de 9,5 à 12,5 %) suffira pour empêcher les nouvelles baisses des taux de change du forint. La chute du taux du forint résultait de plusieurs facteurs : un déficit budgétaire trop important, une économie stagnante et une situation politique de plus en plus incertaine.
Comme la popularité du Parti Socialiste Hongrois gouvernant avait radicalement baissé, il a réclamé, au début de l’année, un forint moins cher pour encourager l’exportation. Le directeur de la Banque Nationale a résisté à l’époque et a réussi à repousser les premières attaques contre le forint. Mais au début du mois de juin, il n’a plus pu résister à la pression qu’il subissait et a consenti à une baisse non-officielle de 12 % du taux du forint. De surcroît, les combats concernant la politique monétaire se poursuivent entre la Banque Nationale de Hongrie et le ministère des Finances. Le déficit budgétaire qui dépassait toute prévision, les indicateurs économiques qui étaient plus bas que ce qui a été attendu et le gouvernement qui ne fait manifestement qu’aller à la dérive ont créé une situation idéale pour les attaques des spéculateurs contre le forint. Le taux de change du forint contre l’euro a été autour de 212-220 au début de 2003, actuellement il est autour de 265-279.
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