Les investisseurs méfiants ont rejoint le camp des spéculateurs dans l’attaque contre la devise nationale hongroise, le forint. Le taux de change de l’euro par rapport au forint a augmenté environ de 30 % depuis le début de la semaine et a atteint le prix de 277 forints. Même la hausse du taux directeur de 9,5 à 12,5 % a été inefficace pour éviter la baisse des taux de change. Le trésor public n’a pas réussi à commercialiser les titres d’Etat à court terme. Ceux qui possèdent des obligations espèrent obtenir un profit plutôt en achetant des portefeuilles. La Banque Nationale de Hongrie a été obligée, une fois de plus, de racheter du forint pour pouvoir sauvegarder un taux de change raisonnable. La Banque Nationale et le ministre des Finances ne cessent pas de répéter de concert combien ils ont confiance en la puissance de l’économie hongroise. Mais cette tentative verbale de rassurer n’a pas été suffisante pour éviter que les réserves de la Banque Nationale ne s’épuisent presque complètement. Il paraît que la cause de cette nouvelle vague de spéculations aurait été l’impromptu du ministre des Finances, Csaba László qui aurait dit que, selon le gouvernement hongrois, « il ne fallait pas faire une affaire de l’inflation et du déficit budgétaire. » Le ministre des Finances a, par la suite, réfuté qu’il aurait dit une chose de ce genre. Mais les investisseurs – qui étaient méfiants de toute manière — frappaient déjà à la porte de la Banque Nationale. Le forint subit une pression qui a des raisons commerciales et politiques à la fois.
Pour la première fois depuis le changement de régime en 1990, c’est la coalition socio-libérale gouvernante elle-même qui a lancé une action pour affaiblir le forint et pour forcer le président de la Banque Nationale, M. Zsigmond Járai à démissionner. Au début de l’année, le président de la Banque Nationale a résisté à la pression et a refusé de baisser le cours du forint. Le taux de change entre le forint et l’euro avait été autour de 220 au début de 2003. Il y a dix mois, La Banque Nationale a défendu avec succès la devise nationale ce qui lui a valu un profit d’environ 50 milliards de forints (200 millions d’euros). Depuis, les spéculateurs sont revenus pour « faire payer à la Banque Nationale » leurs pertes de l’époque. La défense du forint coûte tous les jours des milliards puisque les spéculateurs réalisent un profit immense en retirant leurs titres d’Etat qui sont payés en euro. Le budget de l’année 2004, le déficit budgétaire prévu pour l’année prochaine — à peu près le double de celui de l’année dernière —, les dépenses démesurées et la baisse du taux de popularité du gouvernement ont conduit ensemble à la chute du cours du forint.
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