Le système démocratique hongrois en danger
Les partis au gouvernement ne cessent de mener des attaques contre les institutions indépendantes, en particulier contre celles dont les dirigeants ont été élus avant leur arrivée au pouvoir.
Le système démocratique est en danger en Hongrie. Le gouvernement socio-libéral, un an et demi après les élections, a perdu plus d’un tiers de son soutien électoral. Les dirigeants du Parti Socialiste (MSZP) et de l’Union des Démocrates Libéraux (SZDSZ)ont donné le mot d’ordre : il faut, à tout prix, reconquérir la popularité perdue. L’affolement provoqué par le risque réel de perdre le pouvoir pousse les hommes politiques des deux partis de gauche à des actions qui détériorent la vie publique, et, d’une façon générale, nuisent à la Hongrie. Leur comportement est contraire aux normes de l’Union Européenne, et, en fin de compte, peut compromettre la pureté des élections parlementaires européennes en 2004.
Les partis au gouvernement ne cessent de mener des attaques contre les institutions indépendantes, en particulier contre celles dont les dirigeants ont été élus avant leur arrivée au pouvoir.
1) Le gouvernement a entrepris une offensive politique contre l’Office de Surveillance des Instituts Financiers (PSZÁF) lorsque celui-ci a découvert le détournement de plus de 50 milliards Forints (environ 200 millions Euros) dont les fils atteignent jusqu’aux membres du gouvernement, y compris le Premier ministre.
2) La gauche ne cesse de critiquer le procureur général qui refuse de participer à des procès criminels montés, pour des raisons politiques, contre des personnes tenues pour des ennemis par le gouvernement mais qui se sont avérées innocentes.
3) Le gouvernement fait, depuis un an et demi, des tentatives de renvoyer la directrice du dernier medium de service public indépendant, la Radio Hongroise, légitimement élue et nommée.
Contrairement aux normes appliquées dans les pays libres et notamment dans ceux de l’Union Européenne, la plupart des acteurs des médias est au service des intérêts du pouvoir. De surcroît, elle porte atteinte, par ses méthodes, à la réputation du journalisme hongrois et européen, et empêche l’information équilibrée.
1) Le magazine libéral, 168 óra, a publié un faux entretien avec le Président de la République français, M. Jacques Chirac.
2) L’intempérance de l’attachement au pouvoir est révélée également par le fait que l’ancien journal du parti communiste, Népszabadság, a publié une prise de position de politique intérieure faussée au nom du physicien nucléaire mondialement connu, Ede Teller, quelques jours après la mort du savant.
3) Le journal Népszava, ouvertement financé par les socialistes, a publié un document d’origine douteuse concernant la directrice de la radio, Mme Katalin Kondor, après quoi le Parti Socialiste exige, de nouveau, la démission de la directrice de l’établissement.
Nous sousignés confessons que dans la mesure où le gouvernement de la Hongrie met les institutions indépendantes de service public ainsi que des acteurs du marché des médias au service du Parti Socialiste, il porte atteinte aux libertés publiques des citoyens hongrois, à l’ordre constitutionnel et aux valeurs fondamentales de la démocratie européenne. C’est notre devoir à tous de mettre un terme à ces processus.
A Budapest, le 10 octobre 2003
Baláspiri Lajos, privat-docent
Balás Piri László, vice-président du Comité de la Justice Historique
Bánffy György, acteur
Bencsik András, journalist
Bernáth Árpád, professeur à l’université, chef de département
Bicskei Tibor, artiste émérite honoré du prix Kossuth
Császár Angéla
Csókai András, neurochirurgien
Eperjes Károly
Granasztói György, professeur à l’université
Grosics Gyula, champion olympique de football
Gyarmati Dezső, retraité
Gyulai Zsolt, administrateur sportif
Hargitay András
Hegedűs Endre, pianiste
Hende Csaba, juriste
Kárpáti György, champion olympique
Kengyel Miklós, professeur à l’université
Kovács Gábor, professeur à l’université
Lanczendorfer Erzsébet, directrice de l’Union des Intellectuels Chrétiens de la ville de Győr
Maczkó Mária, chanteuse de chançons folkloriques
Makovecz Imre
Malgot István, écrivain, artiste
Mészöly Kálmán, directeur professionnel de la Ligue de Football de Hongrie
Nagy Sándor, professeur à l’université
Nemcsák Károly, acteur
Nemeskürty István, historien
Pálinkás József, professeur à l’université
Pitti Katalin, chanteuse d’opéra
Rér Éva, journaliste
Schneider Gyula, professeur à l’université
Sík Tibor, professeur émérite
Simon Miklós, professeur à l’université
Szemkeő Judit, mathématicienne, politicienne sociale
Szűcs Ervin, président de l’Association des Elèves des Frères Pieux
Tátrai Eszter, journaliste
Tószegi Anna, maître de conférence
Tőkéczki László, historien
Wittner Mária, ancienne combattante condamnée à mort après la révolution de 1956
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