La rencontre au sommet entre les Premiers ministres hongrois et roumain s'est terminée par la victoire totale de la partie roumaine et par l'échec complet de la diplomatie hongroise. Malgré les bonnes relations personnelles qui unissent ces derniers temps les deux chefs de gouvernement, Adrian Nastase n'a plus qu'à donner le coup de grâce à Péter Medgyessy, réduit à la merci de son collègue roumain. On n'a toujours pas mis le point final à quelques affaires qui traînent depuis longtemps, comme par exemple celle de l'érection de la statue de la liberté à Arad en Roumanie, que la partie roumaine a pourtant promise au Premier ministre précédent de la Hongrie, c'est-à-dire à Viktor Orbán.
Le Premier ministre roumain a réussi d'écourter encore davantage les aides apportées à la minorité hongroise vivant en Transylvanie (environ 1,6 million personnes) qui ont été rendues possibles par la loi sur le statut des Hongrois vivant en dehors de la Hongrie. De plus, le gouvernement hongrois a été contraint par la diplomatie roumaine d'enlever le blason de la Hongrie des « cartes hongroises » dont bénéficient tous les Hongrois vivant hors les frontières du pays. Les subventions de la minorité hongroise vivant en Roumanie ont baissé de 30 % ce qui signifie une baisse importante au niveau des aides apportées à des jeunes qui choisissent des écoles hongroises en Roumanie. De son propre aveu, M. Medgyessy a envisagé même d'annuler cette rencontre à cause de l'affaire de la statue qui n'a toujours pas été résolue.
Mais à cause d'autres affaires urgentes en connexion avec les relations entre les deux pays, il a décidé tout de même d'y participer. Cet été, Adrian Nastase et Péter Medgyessy ont fait déjà la chasse ensemble, en compagnie de leurs nombreux amis communs, qui s'est terminée par la tuerie de 2500 canards au parc national de Hortobágy en Hongrie. Le 1er décembre 2002, les deux chefs de gouvernement ont trinqué à Budapest à l'occasion de la fête nationale de la Roumanie ce qui a causé une indignation générale dans la mesure où en 1918, la Roumanie a annexé la Transylvanie le même jour. L'ex-secrétaire d'Etat au Ministère des affaires étrangères et porte-parole de politique étrangère de la Fidesz-Union Civique Hongroise, Zsolt Németh a souligné que cette dernière rencontre était une humiliation aussi bien pour le Premier ministre hongrois que pour toute la nation. Comme il a formulé : « Peut-être que le Premier ministre supporte de tels échecs, mais la nation sûrement pas. »
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